Qui est à l'origine de cette pétition ?
De quoi s'agit-il exactement ?

En novembre dernier, l’Ecole des Blés d’Or (Dieweg 57 à Uccle) a déménagé et quitté la grande maison qui a accueilli ses éléves pendant plus de 60 ans.

Le 24 janvier, un petit groupe de voisins découvre, stupéfaits, que le projet de 5 nouveaux logements prévu sur le site de l’école, en plein coeur d'îlot, ne ferait a priori l’objet d’aucune mesure de publicité auprès des habitants du quartier.

Fin janvier, en deux après-midi, près de 110 riverains, informés de cette situation, ont rejoint cette mobilisation citoyenne tout à fait inédite, qui se poursuit désormais en ligne sur petitiondesblesdor.com

Quels en sont les 3 objectifs ?

Demander l’application à la lettre des règlements urbanistiques, en particulier les prescriptions du PPAS (mise en place par la commune) sur la protection des arbres et la sauvegarde des sites remarquables.

Alerter les habitants et les autorités communales sur l’existence d’un projet immobilier tout à fait disproportionné et irrespectueux de l’environnement exceptionnel dans lequel il s’implante et du patrimoine architectural de la villa qui s’y dresse depuis près un siècle.

L’ouverture d’une enquête publique pour que tous les habitants puissent accéder à la demande de permis et s'exprimer lors d’une commission de concertation.

En quoi suis-je concerné ? Qu'est-ce qui est vraiment en jeu ?

Le respect du droit des habitants à être informés et consultés

Comme ce fut confirmé depuis par plusieurs juristes, ce projet déroge à plusieurs règles urbanistiques et aurait dû faire l’objet d'une enquête publique.

Alors que de nombreux voisins s'attendaient juste à voir apparaître les affichettes rouges habituelles, tous furent extremement choqués d’apprendre qu’ils n’auront pas l’opportunité de prendre connaissance ou de s’exprimer sur ce projet.

Le respect des règles de protection de l’environnement

Aujourd'hui complétement enclavée en coeur d'ilot et uniquement accessible par un chemin privé de 120 m. de long, l'environnement exceptionnel de cette parcelle est protégé par les prescriptions suivantes du PPAS :

1) La section pavée du chemin des Blés d'Or est inscrite dans la liste des sites à sauvegarder du quartier (article 9.4)

2) 45% de la surface de cette parcelle, très boisée, est couverte par la zone de protection des arbres qui fait l'objet de règles très strictes quant à la préservation de cet espace vert (Cf. articles 8 et 5)

3) Cette zone abrite notamment un arbre exceptionnel, un chêne rouge d'Amérique qui apparait aussi sur la liste de l'article 9.4

4) Enfin l'article 0.4 indique que les plantations existantes en dehors des emprises des constructions doivent être préservées

Ces prescriptions ne sont pas respectées à de multiples reprises

Les spécificités d'accès à cette parcelle, un chemin privé avec une section pavée de moins de 3 m. de large, très pentue (jusque 19%) et protégée par le PPAS, ne sont mentionnées nulle part dans la notice explicative du projet !

Nous vous laissons imaginer comment plusieurs milliers de tonnes de béton et autres matériaux de construction peuvent transiter par ce chemin (sans l'endommager...)

La zone de sous-bois autour de ce chêne rouge d'amérique aux dimensions exceptionnelles (3m50 de circonférence, couronne de 24 m. de diamètre), doit être aplanie, pourvue de dalles de béton trouées ("klinkers") afin d'accueillir 4 des 6 places de parking du projet : est-ce vraiment la meilleure façon de "protéger" cet arbre inscrit comme site naturel à sauvegarder dans le PPAS ?

Le projet prévoit d'ailleurs un recours systématique aux klinkers pour recouvrir aussi les futures zones de jardin du projet, y compris pour des zones protégées par l'article 8 du PPAS...

La mise en place d'un bassin artificiel de 65 m2 en pleine zone de protection des arbres, récoltant les rejets de 3 stations de micro-épuration du projet, semble aussi être une solution tout à fait inappropriée de gestion des eaux usées et contraire aux prescriptions du PPAS.

Le projet prévoit d'abattre la quasi totalité des arbres présents autour des cours de récréation de l'école alors que la majorité se situe en dehors de l'emprise des 2 nouvelles maisons (un projet permettant le maintien de ces arbres serait pourtant tout à fait envisageable)

Parcourez le texte de la pétition pour découvrir que les choix architecturaux de ce projet (transformation de la villa en un complexe de 3 appartements et construction des 2 nouvelles maisons jumélées) sont aussi tout à fait inadaptés pour cette parcelle

A propos des prescriptions du PPAS

Le PPAS (ou Plan Particulier d'Affectation du Sol) est l’outil communal qui définit les règles d'aménagement à l'échelle d'un quartier. Vous trouverez ci dessous deux extraits (du PPAS 29 bis) concernant les zones de protection des arbres et des espaces verts :

8.0 ZONE DE PROTECTION D'ARBRES

Le plan indique le périmètre minimum à l'intérieur duquel les arbres existants doivent être particulièrement protégés. Toutes les prescriptions relatives à l'article 5.0. ci-avant sont d'application. Toutefois, les travaux de terrassements ne pourront pas porter atteinte à la pérennité des arbres. Tout arbre mort doit être remplacé par une essence adaptée à l'ensemble paysager existant.

5.0. ZONES D'ESPACES VERTS

Les zones d'espaces verts sont destinées au maintien, à la protection et à la régénération du milieu naturel.

Elles sont essentiellement affectées au maintien et au renouvellement des plantations existantes lesquels constituent les éléments essentiels du paysage; elles sont entretenues ou aménagées afin de garantir leur intérêt scientifique ou de remplir leur rôle social.

Ne peuvent être autorisés que les actes et travaux strictement nécessaires à leur affectation ou directement complémentaires de leur fonction sociale sans que puissent être mises en cause l'unité de ces zones ou leur valeur scientifique ou pédagogique.

Interdiction sauf autorisation préalable :

- d'effectuer tous travaux de terrassement, construction, fouilles, sondages, creusement de puits, en général, tous travaux de nature à modifier l'aspect du terrain ou de la végétation;

- de modifier en aucune façon l'écoulement des eaux dans le site et de déverser dans les cours d'eau ou dans le sous-sol par puits perdus aucune substance de nature à altérer la pureté des eaux et par là influencer la composition de la faune et de la flore;

- d'abattre, de détruire, de déraciner ou d'endommager les arbres et les plantes;

- d'établir des tentes et d'ériger toute installation quelconque (fixe, mobile ou démontable, provisoire ou définitive), servant d'abri ou de logement.

Une demande de permis (en cours d'instruction) qui ne fait pas l'objet d'une enquête publique, alors qu'elle semble déroger à de nombreuses prescriptions urbanistiques,
Un projet tout à fait inadapté qui ne tient, notamment, absolument pas compte des réglementations de protection de l'environnement

Que vous résidiez dans le quartier ou non, nous vous remercions d’avance pour votre soutien pour que cette situation "anormale" ne reste pas en l'état.

Participez à cette pétition en complétant (en quelques secondes)

MERCI

Ce projet s’inscrit ainsi dans la lignée des projets immobiliers qui ont mis à mal les espaces verts (pourtant protégés) du quartier.

Que subsiste-t-il aujourd'hui du « petit bois » situé en haut du clos Monique Rifflet (anciennement le dernier champ agricole d’Uccle) et qui partageait la même zone de protection des arbres que celle de l’école implantée juste en amont ?

Pas grand chose ! Les arbres ont souffert des travaux de terrassement liés aux chantiers successifs, certains se sont affalés, d’autres sont tombés malades et une quarantaine d’entre eux furent finalement abattus au printemps dernier.

Alors que le batiment de l'école était quasiment "invisible" depuis le haut du champ, il est désormais complétement à découvert..

Quelques mots sur le site et l'histoire de l'Ecole des Blés d'Or

Au début des années 60, Mr et Mme Georges-Albert Ugeux, sensibles aux problèmes d’inadaptation scolaire d’enfants de leur entourage, commencent à accueillent des élèves dans leur vaste demeure familiale où grandirent leurs 6 garçons.

En 1967, l’institution est reconnue en tant qu’école d’enseignement spécialisé de Type 8, le Centre thérapeutique étant accrédité l’année suivante.

Pendant plus de 60 ans, une soixante d’élèves de 6 à 13 ans, en difficulté scolaires (car présentant des troubles de l'apprentissage) vont se succéder chaque année dans cette demeure, l’enseignement se poursuivant par petits groupes de 10 ou 12 élèves, répartis dans chacune des grandes pièces de cette villa de 1929.

Malgré l’addition dans les années 1990 de deux pavillons préfabriqués pour améliorer les conditions d’accueil des élèves, toujours plus d’inscriptions doivent être refusées. L’Ecole des Blés d’Or finit par déménager en Novembre 2022 dans leurs nouveaux locaux, Parvis Chantecler à Uccle.

Pour en savoir encore plus :

Un petit retour en arrière, avec cet article fort instructif sur l'histoire du dernier champ agricole d'Uccle (aujourd'hui le clos Monique Rifflet)

Vous trouverez ici les liens vers :